Qu’est-ce-qu’une MLC ?

Certains ne connaissent pas du tout, d'autres en ont vaguement entendu parler... Un peu de lumière sur comment fonctionne et, surtout, à quoi sert une Monnaie Locale Complémentaire Citoyenne.

Objectif anti-crise !

La crise économique et écologique que nous connaissons demande à ce que l’on repense notre modèle actuel. Le succès rencontré par le film documentaire DEMAIN, sorti en 2015, qui montre à travers le monde des solutions déjà mises en place et qui fonctionnent pour faire autrement, témoigne que ce constat est partagé par un grand nombre.

L’un des outils mis en lumière est la monnaie locale complémentaire. Il s’agit d’un moyen de paiement légal qui circule sur un territoire défini afin de relocaliser l’économie. Elle s’échange entre particuliers, commerçants, prestataires et tout acteur (personne morale ou physique) adhérent de l’association qui a créé la monnaie. Ces acteurs respectent donc une charte de valeurs éthiques, sociales, écologiques et responsables, s’engageant ainsi dans un développement durable de leur territoire.


Un réseau local

Une monnaie citoyenne


Une Monnaie Complémentaire est un réseau d’acteurs locaux : citoyens, entreprises, associations, collectivités locales…, réunis autour de mêmes valeurs, reliés entre eux par un moyen d’échange commun mis en circulation et géré par eux-mêmes et dans un but de préservation de l’environnement et des relations humaines.

Celles-ci sont en plein développement en France avec plus de 50 monnaies en circulation et autant en projet !

Les monnaies locales sont légalement reconnues par la loi ESS de juillet 2014.

Un outil global de transition

Des actions multiples

Une MLC est un outil de transformation individuelle et collective pour, pas à pas, changer nos pratiques et remettre l’argent au service de l’humain et de l’environnement participant ainsi à un développement durable du territoire qui la porte.

C’est un outil global de transition écologique car elle permet d’agir sur de multiples facettes du fonctionnement de la société.



ÉCONOMIQUE

  • Relocalisation d’activités, amélioration de la résilience de nos territoires, revitaliser l’économie locale et soutenir l’emploi.
  • Développer les circuits courts, la production et la consommation responsables.
  • Favoriser les relations inter-entreprises.
  • Inciter à l’utilisation de banques éthiques.
  • Augmenter la richesse locale en accélérant les échanges grâce à une économie circulaire.
  • Evolution de la Responsabilité Sociétale des petits commerçants, producteurs, artisans…


ENVIRONNEMENTALE

Diminue l’impact environnemental et celui de la consommation en :

  • Limitant les transports grâce au développement des circuits courts ;
  • Consommant des produits de saison ;
  • Aidant les entreprises à introduire des critères environnementaux dans leur fonctionnement ;
  • Incitant les utilisateurs à se tourner vers des choix quotidiens plus respectueux des ressources et de l’environnement.




SOCIALE

La monnaie classique est devenue un outil de rupture et de profondes inégalités sociales. Une MLC permet de rapprocher les gens par le fait :

  • Elle met en lien direct tous les acteurs d’un territoire défini, au-delà duquel elle n’a plus cours.
  • Elle s’appuie sur une charte de valeurs signée et promue par chaque utilisateur.
  • Elle soutient la progression vers des pratiques plus respectueuses de l’humain et de son environnement et favorisant la réintégration de personnes plus fragiles économiquement et socialement.


ÉDUCATIVE

Une MLC est un outil d’éducation populaire car elle propose aux population le choix d’apprendre ensemble à évoluer vers des pratiques plus cohérentes et responsables, et doivent conduire à :

  • Se réapproprier la monnaie en comprenant sa nature et son fonctionnement : la dématérialisation de la monnaie classique a amené à la considérer comme une simple unité de compte virtuelle alors qu’elle contient un fabuleux potentiel d’émancipation ;
  • Reconsidérer la notion de richesse en réalisant que la monnaie n’est pas richesse en soi, mais symbole de celles offertes par notre planète : la créativité et l’activité humaine ;
  • Valoriser le sens plus que le prix en choisissant des fournisseurs professionnels en raison de leur engagement responsable, en prenant la mesure des nombreux coûts cachés de la logique du « pas cher » reportés sur la société, mais que nous payons en réalité très cher de façon indirecte.



DÉMOCRATIQUE

Une MLC n’est pas un simple moyen de paiement ni un produit à consommer mais une expérience collective qui s’adresse à toutes les composantes de la société, adaptée en fonction des ressources, besoins et opportunités de son territoire, principalement grâce à des modalités d’implication et de prise en compte de l’ensemble des adhérents au projet.
La mise en place d’une MLC nous invite ainsi à :

  • Évoluer dans notre façon de penser le monde et les schémas relationnels manichéens régissant largement les échanges, en nous rencontrant, nous inter-reliant et en prenant des décisions dans un rapport gagnant/gagnant ;
  • Expérimenter de nouveaux fonctionnements participatifs, tout en respectant le cadre législatif national, avec en même temps l’objectif de le faire évoluer vers une meilleure adéquation avec les réalités sociales et environnementales de notre siècle.

Un économie circulaire

Une monnaie qui tourne !


Schéma de fonctionnement d’une monnaie locale citoyenne

Plus la monnaie est échangée sur le territoire, plus elle l’enrichit.

Car ce n’est pas la monnaie elle-même qui génère de la richesse, mais les échanges de monnaie entre les acteurs du territoire. Cela crée une économie circulaire qui sera d’autant plus forte qu’il y aura un nombre important d’utilisateurs de la monnaie : citoyens, professionnels, institutions, prestataires, associations…

Son principe est donc basé sur le fait qu’elle tourne, et en moyenne c’est trois fois plus vite que l’euro ! Et contrairement à ce dernier, la monnaie locale ne sort pas du territoire, elle n’enrichit donc pas d’entreprises en dehors de l’aire de circulation. Et elle n’a aucun intérêt à être thésaurisée (c’est à dire être mise de côté sans être dépensée).